Scrutin n° 9338XVIIe législature, 30 octobre 2026Scrutin public ordinaire

l'amendement n° 1025 de M. Pilato après l'article 15 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

Résultat officiel

Annonce : L'Assemblée nationale n'a pas adopté. Règle : Majorité absolue des suffrages exprimés

  • Pour 22
  • Contre 40
  • Abstention 0
  • Non-votant 2
  • Sans position enregistrée 510

« Sans position enregistrée » compte les députés en exercice ce jour-là qui ne figurent sur aucune liste du scrutin. Cela ne prouve pas une absence : la liste des noms est plus bas.

Votants
62
Suffrages exprimés
62
Majorité requise
32
Députés en exercice
574

Ce qui était voté

Un amendement propose de modifier le texte en discussion. Voter pour, c’est vouloir l’intégrer au texte ; voter contre, c’est le refuser. Ce vote ne dit pas, à lui seul, ce que le député pense de l’ensemble du texte.

Amendement n° I-1025

  • Insère des dispositions après : Article 15
  • Déposé par : M. Pilato, Mme Abomangoli, M. Alexandre, Mme Amiot et 66 autres
    Les 70 signataires

    M. Pilato, Mme Abomangoli, M. Alexandre, Mme Amiot, Mme Amrani, M. Arenas, M. Arnault, Mme Belouassa-Cherifi, Mme Bentorki, M. Bernalicis, M. Bex, M. Bilongo, M. Bompard, M. Boumertit, M. Boyard, M. Cadalen, M. Caron, M. Carrière, Mme Cathala, M. Cernon, Mme Chikirou, M. Clouet, M. Coquerel, M. Coulomme, M. Delogu, M. Diouara, Mme Dufour, Mme Erodi, Mme Feld, M. Fernandes, Mme Ferrer, M. Gaillard, Mme Guetté, Mme Hamdane, Mme Hignet, M. Kerbrat, M. Lachaud, M. Lahmar, M. Laisney, M. Le Coq, M. Le Gall, Mme Leboucher, M. Legavre, Mme Legrain, Mme Lejeune, Mme Lepvraud, M. Léaument, Mme Élisa Martin, M. Maudet, Mme Maximi, Mme Mesmeur, Mme Manon Meunier, M. Nilor, Mme Nosbé, Mme Obono, Mme Oziol, Mme Panot, M. Piquemal, M. Portes, M. Prud'homme, M. Ratenon, M. Saint-Martin, M. Saintoul, Mme Soudais, Mme Stambach-Terrenoir, M. Aurélien Taché, Mme Taurinya, M. Tavel, Mme Trouvé et M. Vannier

Exposé sommaire, rédigé par les auteurs de l’amendement

Par cet amendement d'appel, les députés du groupe LFI visent à conditionner le CIR, mais plus largement les aides publiques aux entreprises à un engagement clair : ne pas recourir à la sous-traitance internationale au-delà de deux rangs, afin de favoriser la production française, préserver l’emploi, assurer la transparence dans la chaîne de production et éviter la dilution de la responsabilité des entreprises.

Le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants, publié en 2025, a établi que ces aides atteignent au moins 211 milliards d’euros par an, sans qu’aucune contrepartie systématique en matière d’emploi ne leur soit attachée. Nous proposons à minima d'en faire un levier pour inciter à des décisions plus éthiques par les directions d'entreprise.

Lire la suite de l’exposé sommaire

Le cas de STMicroelectronics illustre cette absence de contrepartie de façon presque caricaturale. Le groupe a perçu 487 millions d’euros d’aides publiques en 2023, dont 68 % de subventions à l’investissement et à l’innovation et 25 % au titre du seul crédit d’impôt recherche, pour un impôt sur les sociétés acquitté en France inférieur à 100 000 euros la même année, contre 616 millions à l’échelle mondiale. Malgré cela, l’entreprise maintient un plan de suppression de 1 000 postes en France jusqu’à fin 2027, alors que le groupe venait d’annoncer un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 26 % et un retour à la croissance.

Cette logique de désengagement, favorisée par une sous-traitance internationale hors de tout contrôle, n’est pas propre à l’industrie : selon l’Insee, dans le cas d’une délocalisation vers un pays à bas coûts salariaux hors Europe de l’Est, le mode privilégié est justement la sous-traitance. Or, celle-ci dilue également la responsabilité en matière de droits du travail : selon une étude de 2023 portant sur les chaînes d’approvisionnement européennes, plus de 82 % des entreprises comptent, dès le deuxième rang de sous-traitance, au moins un fournisseur exposé à des risques graves de travail forcé, et plus de 99 % au troisième rang. Au-delà du deuxième rang, le donneur d’ordre perd toute maîtrise réelle de sa chaîne. Cette dilution s’est manifestée jusqu’au sommet du luxe européen : en août 2025, Loro Piana, filiale de LVMH, a été placée sous administration judiciaire en Italie pour exploitation présumée de travailleurs migrants chez des sous-traitants de la banlieue de Milan.

Le présent amendement vise donc à s'assurer que les deniers publics ne servent ni à la désindustrialisation française, ni à l'exploitation des travailleurs, en France comme à l'étranger.

Dispositif : la modification proposée du texte

I. – Le bénéfice, à compter de la publication de la présente loi, pour les entreprises soumises à l’obligation de déclaration de performance extra‑financière prévue à l’article L. 225‑102‑1 du code de commerce du crédit d’impôt mentionné à l’article 244 quater B du code général des impôts est subordonné à l’engagement, par lesdites entreprises, de limiter la sous-traitance internationale à laquelle elles ont recours, à deux rangs.

II. – Au sens du présent article, la sous-traitance internationale est l’opération par laquelle un entrepreneur confie, par un sous-traité et sous sa responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant, l’exécution de tout ou partie du contrat d’entreprise ou d’une partie du marché public conclu avec le maître de l’ouvrage, lorsque cette exécution est réalisée hors du territoire national.

L’amendement sur le site de l’Assemblée nationale · Comment ce contenu officiel est relié au scrutin

Explication

Aucune explication relue n’est disponible pour ce scrutin. L’intitulé officiel ci-dessus fait foi.

Votes par groupe

Chaque ligne reprend les députés membres du groupe le jour du vote et ce que chacun a fait ; la barre suit l’ordre des colonnes. Aucune position n’est attribuée au groupe en tant que tel.

  • Pour, contre, abstention : le député a voté, et son nom figure sur la liste officielle correspondante du scrutin.
  • Non-votant : le député figure sur la liste officielle de ceux qui ne pouvaient pas voter, avec la raison : président de l’Assemblée, président de séance, membre du Gouvernement.
  • Sans position enregistrée : membre du groupe ce jour-là, mais sur aucune des quatre listes officielles. L’Assemblée ne publie pas de liste de présence : ce n’est ni un vote contre, ni une abstention, ni une absence démontrée.
  • Députés du groupe : ceux qui appartenaient au groupe à la date du vote, d’après leurs appartenances datées, car un député peut changer de groupe, quitter l’Assemblée ou être remplacé. C’est la somme des cinq colonnes précédentes.
  • Pour trier, cliquez sur un en-tête marqué ↕ ; un second clic inverse l’ordre.
GroupePourContreAbstentionNon-votantSans position enregistréeDéputés du groupe
DEM02003537
DR06004147
ECOS30003538
EPR07018290
GDR20001517
HOR03013135
LFI-NFP100006070
LIOT00002323
NI00001111
RN0220099121
SOC70006168
UDDPLR00001717

Votes nominatifs

Pour (22)
Contre (40)
Non-votant (2)
Sans position enregistrée (510)

Députés en exercice le jour du vote qui ne figurent sur aucune liste. Cela ne signifie ni un vote contre, ni une abstention, ni une absence démontrée.